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VivaTech 2026 : l’IA industrialisée au service du Luxe et du Retail

Publié le 22 juin 2026

Temps de lecture 6 minutes

Pour sa dixième édition, VivaTech a dépassé les 200 000 visiteurs et accueilli 15 000 startups. Le parc de expositions ressemblait davantage à une démonstration de force qu’à un salon. Sauf que ce qui frappe, en parcourant les allées, ce n’est pas la quantité c’est le changement de ton. En 2026, personne ne vous vend plus l’IA comme une promesse. On vous demande ce que vous en faites et cette bascule change beaucoup de choses pour les organisations qui accompagnent nos clients.

L’IA partout, mais pas toujours utile

Sur le salon, l’IA était littéralement partout et c’est là que le problème commence. Certains stands construisaient quelque chose de concret. D’autres avaient simplement mis le mot dans leur pitch. La différence n’était pas toujours visible de l’extérieur, et c’est un signal en soi.

Une phrase entendue lors d’une table ronde PwC a résumé l’ambiance mieux que n’importe quelle keynote : « le début de la bêtise, c’est quand on ne sait plus ce que nous savons. » Autrement dit : le vrai risque de l’IA en 2026, ce n’est pas qu’elle échoue, c’est qu’on lui délègue notre jugement sans s’en rendre compte. Le message revenait sous des formes différentes sur presque tous les stands sérieux : jamais d’IA sans contrôle humain.

Ce que les praticiens présents répétaient revenait à la même chose : la technologie n’a pas de valeur intrinsèque. Elle en a une quand elle s’attaque à un problème que quelqu’un, quelque part, a vraiment. Sur nos propres projets, c’est souvent ce manque de clarté initiale plus que la technologie elle-même qui explique les déploiements qui n’aboutissent pas.

Le patrimoine, nouvelle frontière de l’expérience immersive

Un angle moins attendu sur un salon tech, et pourtant l’un des plus marquants : la numérisation du patrimoine comme levier d’expérience. La startup ICONEM utilise des drones et des scans 3D pour archiver des sites historiques menacés par le tourisme de masse, les conflits, le climat. Venise a ainsi été entièrement modélisée en 3D, puis présentée dans une exposition immersive au Grand Palais, offrant une découverte mondiale sans abîmer le site.

Pour les Maisons de Luxe, le parallèle est direct. La question de la mémoire du savoir-faire, de la documentation des gestes métiers, de la valorisation de l’héritage sous des formats nouveaux, ce sont des enjeux que nos clients traitent déjà sur leurs projets DAM et PIM. Ce que fait ICONEM sur le patrimoine culturel, certaines Maisons commencent à le faire sur leur patrimoine de création. L’immersion devient un standard : modélisation 3D, intégration du visiteur dans l’expérience, hybridation entre cinéma et jeu vidéo. Le public ne regarde plus il traverse.

Le Luxe, terrain d’expérimentation avancé

Ce qui distinguait les stands des grandes Maisons, c’est qu’ils ne cherchaient pas à impressionner avec de la technologie brute. Ils montraient des cas d’usage résolus.

  • LVMH a déployé sa DreamGallery, non pas un stand commercial, mais une traversée de toute la chaîne de valeur du groupe. Une démarche qui rappelait davantage la Journée du patrimoine qu’un salon tech. Approvisionnement, fabrication, logistique, création, relation client : à chaque étape, une réponse à un problème opérationnel précis.
  • Parfums Christian Dior y présentait ses travaux pour réduire la consommation d’eau dans les champs de fleurs de Grasse.
  • Louis Vuitton dévoilait des solutions d’optimisation des matières premières en fabrication.
  • Et pour la première fois, Céline présentait « Célia », un agent conversationnel dédié aux équipes Retail pour aider le conseiller à répondre, identifier un produit, analyser une photo. Pas pour le remplacer.

Côté beauté connectée, l’explosion des diagnostics de peau via applications et miroirs connectés s’est confirmée comme tendance de fond. PerfectCorp illustre bien cette évolution : sa suite d’API couvre l’audit de peau, l’essayage virtuel et les agents IA beauté, déjà adoptée par des marques comme Caudalie, Clarins, Charlotte Tilbury, Valmont ou Cartier.

Ce qui rend la solution particulièrement intéressante pour les DSI : elle s’intègre directement dans les systèmes d’information via une architecture agent-to-agent, l’agent PerfectCorp vient se greffer comme un plugin sur des environnements Copilot ou Claude, sans refonte de l’existant. Sephora repense de son côté la découverte produit grâce à des expériences IA intégrées à ChatGPT et Google Gemini.
Ce qui ressort de ces déploiements, c’est qu’ils ne cherchent pas à faire beaucoup, ils cherchent à faire juste. Comme l’a formulé le Group CIO de LVMH : « la technologie est un levier au service de l’ambition, pas une fin. »

Retail, automatisation et données en temps réel

Le magasin ne fonctionne plus en mode batch : restocking en fin de journée, ajustement des prix le lendemain. Avec des solutions comme Vusion, les étiquettes changent en temps réel, les alertes de rupture remontent immédiatement, et le planogramme 3D est validé avant même que le premier produit soit en rayon.

Dans les couloirs, les robots ont aussi occupé une place croissante. Tri des déchets, logistique hospitalière, assistance physique, aujourd’hui encore pilotés par des opérateurs, mais conçus pour fonctionner demain de façon autonome. L’objectif affiché n’est pas le remplacement : c’est la décharge des tâches répétitives pour libérer de la capacité humaine là où elle a de la valeur. C’est le même raisonnement que celui qu’on tient avec nos clients sur l’automatisation des flux supply chain ou la gestion des données produit.

Souveraineté numérique : le sujet qui monte dans les comités de direction

La souveraineté numérique a été le fil rouge transversal de cette édition, omniprésente dans les conférences, les prises de parole institutionnelles, et les conversations de couloir. Le gouvernement français a annoncé 655 millions d’euros supplémentaires via France 2030 pour accélérer la stratégie nationale en matière d’IA. La France et l’Allemagne ont présenté une feuille de route commune pour renforcer les capacités technologiques européennes. Le message était clair : éviter le Far West de la data, garder le contrôle des modèles, sécuriser les usages.

Pour les DSI des groupes de Luxe, ce n’est plus un débat théorique. Où sont hébergées les données clients ? Qui contrôle les modèles qui génèrent du contenu de marque ? Comment détecter qu’un visuel de Maison a été détourné par un deepfake ? Ces questions arrivent dans les comités de direction, pas seulement dans les équipes sécurité.

Et au-delà de la souveraineté technique, un message revenait comme un refrain : personne ne réussira seul la transition IA. La coopération, l’intelligence collective, la construction d’écosystèmes, c’était le mot d’ordre discret mais constant de cette édition. Pas très spectaculaire à mettre en avant. Mais probablement le plus vrai.

Ce que VivaTech 2026 dit à nos clients

Ce que cette édition valide surtout, c’est qu’on est sorti de la phase d’expérimentation. Les organisations qui ont avancé sur la gouvernance de la donnée, sur la clarté de leurs cas d’usage et sur l’alignement IT-métier sont maintenant en position d’industrialiser. Les autres vont passer les prochains mois à rattraper le cadrage qu’elles auraient dû faire il y a deux ans.

Sur le terrain, c’est exactement ce que nous observons. Les projets qui tiennent ne sont pas les plus ambitieux techniquement. Ce sont ceux où quelqu’un a pris le temps de définir le problème avant de choisir l’outil et où l’IT et le métier ont travaillé le sujet ensemble, depuis le début.

C’est précisément ce que nous accompagnons, de la stratégie e-commerce à la gouvernance de la donnée produit, sur l’ensemble des filières du Luxe et du premium.

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